Lecture balance injecteurs

Reconnaitre un moteur, restaurer une culasse...

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ofourdan
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Re: Lecture balance injecteurs

Message non lu par ofourdan »

Bon je vais sûrement écrire une sottise, mais… Je suis partisan de tenter les solutions simples avant de se lancer dans les problèmes compliqués :wink:

Normalement un TD5 doit démarrer au ¼ de tour, tout le temps. Quand ce n'est pas le cas, souvent, c'est qu'il y a une fuite quelque part au niveau du système d'arrivée de gasoil.

Dans ce cas précis, les joints d'injecteurs ont déjà été changés, donc à priori ça ne vient pas de là.

Mais peut-être que ça vient du clapet anti-retour qui se trouve au niveau du filtre à gasoil?
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colombin
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Re: Lecture balance injecteurs

Message non lu par colombin »

ofourdan, merci ; j'ai mis des clapets neufs, il y a un mois ; je croyais l'avoir indiqué.
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Normand 1400
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Re: Lecture balance injecteurs

Message non lu par Normand 1400 »

Colombin,

J'ai commencé mon topo et il me faudrait être plus catégorique sur l'une des hypothèses de base : ça permettrait d'avancer beaucoup plus vite et, surtout, de moins parler au conditionnel.

Car c'est le point rappelé ci-après qui, à mon sens, pose problème, sachant que, par ailleurs, les infos extraites du site signalé par Africastef en remettent (de mon point de vue du moins) une bonne couche :
colombin a écrit : 13/12/2025 14:21...il y a une semaine les codes lus par le nanocom étaient tous différents et identiques aux codes lus la veille sur les injecteurs ; 8 jours plus tard les 5 codes sont tous identiques et aucun ne correspond à un code gravé...
Ton garage a-t-il déjà tenter d'isoler les différents fichiers utilisés par les algorithmes du calculateur? Et si oui, en a-t-il trouvé qui seraient spécifiquement dédiés aux régimes compris entre 200 et 750 t/mn?

S'il ne l'a pas fait, peut-il le faire et nous transmettre une copie de la tronche du bazar? Tant qu'il s'agit d'un Td5, ça m'ira! :wink:

Je précise qu'il n'a pas de piège dans la question : l'idée n'est pas de discréditer ton garage. Certes, je sais que je peux avoir la dent dure vis à vis de la profession, mais je tiens toujours compte de deux éléments : la réalité économique dans laquelle ils sont contraints d'évoluer dont tu as d'ailleurs brossé les contours hier (les effets systémiques comme disent les chébrans) et le paquet « bonne volonté/curiosité passionnée » des gens.

En effet, l'expérience montre qu'il y en a souvent un dans la bande qui se pique au jeu du décryptage de ces systèmes.

Un dernier point, en rapport avec le plein d'essence accidentel : c'est bien l'ensemble pompes + injecteurs qui a été remplacé?
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colombin
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Re: Lecture balance injecteurs

Message non lu par colombin »

Lorsque j'ai regagné mon domicile après la réfection des joints d’injecteurs et que j’ai annoncé à mon garagiste qu’ il n’y avait vraiment aucune amélioration, Il m’a dit ; Il faut absolument changer le démarreur, je suis certain que c’est ça, j’ai déjà eu le cas.
Le mécano local a accueilli ma demande d’un sourire dubitatif ; Et pourtant ,il faut bien se rendre à l’évidence, le problème est résolu, mon Land démarre au quart de seconde comme il ne le faisait plus depuis des mois. Mon démarreur, normalement fixé par 3 boulons n’en comptait plus que 2 et encore, moyennement serrés : Et l’engrenage de sortie a un peu de jeu ce qui ne l’empêchait pas d’entraîner mon moteur très rapidement C’est bien le champ magnétique qui agissait sur le capteur de vilebrequin ; Pour m’en convaincre, j’ai un peu cherché dans la littérature pour apprendre que c’est une panne connue et répertoriée, l’explication donnée étant que le champ magnétique perturbe la conduction dans le faisceau si celui-ci est abîmé (ce qui n’était pas le cas chez moi) ou, si le démarreur est usé ; usure peut-être été amplifiée par une fixation défaillante.
Toujours est -il que je suis très soulagé à l’idée que je vais pouvoir reprendre mes voyages sans trop trembler chaque matin.
Merci à tous de vous être intéressés à ce cas un peu particulier. Normand, j’ai lu ton message, c'est l'ensemble injecteurs-pompes qui a été changé. Je m’absente jusqu’à mardi, je te répondrai à mon retour.
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Normand 1400
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Re: Lecture balance injecteurs

Message non lu par Normand 1400 »

Colombin,

effectivement, j'imagine que tu es soulagé. :wink:

Je suis tombé sur ton dernier propos très peu de temps après que tu l'as posté et depuis... :roll:
En d'autres termes, je me suis laissé un peu de temps pour réfléchir et ce qui me pousse de nouveau à intervenir au risque de passer pour un :mouche: a toujours la même origine : quelque part, vu ce qui caractérise notre philosophie du voyage (nos 4x4 ne sont pas des biens de consommation, ils font simplement partie de nous et de notre histoire) nous avons la même préoccupation : rien ne doit rester dans l'ombre en matière de fiabilité.

Comme je te l'ai brièvement indiqué l'autre jour, j'utilise de plus en plus les technologies numériques en mécanique classique. D'où me vient cette idée serait un peu long à expliquer ; il faut simplement avoir en tête que la puissance de feu de ces outils — devenus beaucoup moins onéreux aujourd'hui — n'a quasiment aucune limite surtout que derrière, la panoplie d'outils logiciels est, elle aussi, sans limites. Je me suis monté un petit labo maison il y a moins de quinze ans et, depuis, je tente de constituer une base de données dont la finalité n'est pas de réparer curativement mais d'intervenir préventivement. Le problème est que je ne suis pas garagiste : je n’ai que quatre véhicules à suivre, le tout représentant seulement un peu plus de dix ans de recul.

En clair, au rythme où je vais au regard de la ressource mobilisable, je sais que je n'ai plus assez de temps à vivre pour finaliser cette base.

Des sujets comme le tien constituent donc une matière précieuse pour moi, d’où un certain nombre d’attentes malheureusement assez qualitatives, ceci expliquant aussi cela.

J'ai ressorti les oscillogrammes concernant plus spécifiquement le suivi du démarreur du Land : ils me servent à analyser l'évolution du relais de puissance, de la bobine du dit relais, des caractéristiques électrotechniques du démarreur (inductance, capacités parasites des enroulements, vieillissement des isolants, puissance absorbée, étincelage au collecteur) et des données plus courantes comme la puissance absorbée et l'état de la batterie.

Expliquer comment je procède et avec quel outils métrologiques et informatiques dépasse assez largement le cadre de ce sujet, donc je vais m'arrêter là ; une chose est sûre, toutefois : un démarreur, comme l'indiquait malicieusement Bisnouk, n'est pas une source dont la puissance serait comparable à celle d'une IRM.

Ce qui est intéressant avec ce type de moteur (moteur à courant continu dit « série ») c'est ce qui se passe au niveau de son collecteur : les comparaisons que je peux faire entre les signatures d'étincelage de démarreurs jeunes (le Land, avec à peine 140 000 km, est très peu kilométré) et celle de démarreurs approchant les 450 000 km montrent qu'effectivement, la situation se dégrade au fil du temps.

A partir de quel niveau les choses vont dégénérer jusqu’à la panne, je n’en sais rien encore : c’est justement le sens de mes travaux...

Si j'ai bien lu, ton 4x4 a un peu plus de 300 000 km et tu as déjà changé préventivement le démarreur ; en d'autres termes, le démarreur déclaré comme étant à l'origine du défaut doit avoir à peu près le même kilométrage que le mien. Ce qui signifie que son niveau d'étincelage doit être globalement similaire au mien, c'est à dire faible.

C'est un premier point.

Après, tu as constaté sa mauvaise fixation sur le bloc : une vis en moins et les deux autres mal serrées. Effectivement, ça a pu faire forcer la transmission du couple à la couronne, mais c'est surtout l'aspect électrique du contexte qui m'intéresse : au regard des intensités absorbées par un moteur de démarreur, le moindre défaut de masse va générer des étincelles. Je suspecte donc une seconde source d'étincelage, totalement inconnue dans son ampleur comme dans ses effets.

C'est un deuxième point.

L'endommagement de la ligne conduisant le signal capteur au calculateur ainsi que sa nature ne sont pas davantage qualifiés ; dans ton cas, c'est simple, le faisceau est intact. Mais pour moi, la question sous-jacente est autre : s'agit-il oui ou non d'un faisceau blindé?

C'est un troisième point.

J'ai également réexaminé l'enregistrement réalisé sur l'ensemble toupie/rabo/dégau dont je parlais l'autre jour : le fil reliant le capteur à la sonde de l'oscilloscope passait à dix centimètres du moteur, à collecteur lui aussi, donc véritable arrosoir à parasites. L'oscillo (évidemment, son blindage à lui, c'est du lourd, ainsi que celui de la sonde) a donc reniflé un capteur et un fil (un vulgaire Ro2V) baignant dans un univers bruité de chez bruité. Et là, nada, on relève juste un parasite de temps en temps. Pas de quoi faire foirer l’interprétation, même en ayant le pied léger sur le filtrage numérique des données avant calcul.

Par contre, pour que trois pauvres parasites mettent le bordel dans un circuit électronique comme celui qui nous intéresse, il faut que :
  • le blindage du calculateur soit nativement foireux ;
  • que le filtrage du signal entrant soit en train de s'effondrer ;
  • que la conception du traitement analogique et algorithmique du signal soit de piètre qualité.
C'est un quatrième point.

Par ailleurs, un capteur à réluctance doit être regardé comme une machine respectant les lois de l'induction : le niveau de tension fourni par sa bobine dépend de la vitesse à laquelle le champ magnétique qui la traverse varie. Formulé autrement, plus le régime du moteur est faible, plus la tension émise par le capteur sera faible. Il résulte de ce qui précède que ce capteur doit être regardé comme un générateur autonome ; en d'autres termes, la tension qu'il délivre n'a rien à voir avec celle régnant dans le circuit du véhicule.

Par contre, il y a de fortes chances qu'on passe, lorsque le moteur démarre, dans ce que l'on appelle le domaine des petits signaux : ceux qui se parasitent facilement et se filtrent difficilement.

C'est un cinquième point.

Depuis le début, je me demande ce qui provoque l'effacement de certaines données des mémoires du calculateur, en particulier les codes injecteurs. Dans mon monde, c'est quelque chose de très préoccupant dont l'origine doit impérativement être recherchée.

C'est un sixième point.

Porté par la joie d'avoir réglé un problème vicieux comme celui auquel tu étais confronté, tout un chacun va se dire : youpi, ça marche, problème réglé, on rend compte au client ou aux potes et ... on enchaîne! :D

Notre comportement de pauvres mortels dans l’adversité peut-être un obstacle, parfois…

C’est un septième point.

Tu as compris qu'en parfait rabat-joie, je ne vois pas du tout les choses avec euphorie : il n'y a aucune explication satisfaisante à cette panne, aucun diagnostic sérieux reposant sur une démonstration incontestable. En d'autres termes, elle risque de se reproduire et, perso, je subodore que cela va être le cas pour un niveau d'étincelage de plus en plus faible.

Et il se pourrait même, dans l'hypothèse d'un blindage natif faiblard et d'un filtrage en fin de vie (cette fonction est généralement assurée par des condensateurs, qui occupent une place de choix sur le podium des dérives par vieillissement des composants électroniques) que les atteintes au cœur logiciel du calculateur soient de plus en plus marquées.

Voilà où j'en suis aujourd'hui : je pense qu'on se trompe de diagnostic, tout simplement.

C'est vraiment dommage qu'on soit situés chacun à un bout de la France, car il n'aurait pas fallu longtemps pour démerder cette histoire, crois-moi.

Si ton garage peut répondre à la question des fichiers, ce serait vraiment une info précieuse et un moyen de cibler un peu plus l’analyse.
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bisnouk
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Re: Lecture balance injecteurs

Message non lu par bisnouk »

Tant mieux si les symptômes ont disparu mais je suis du même avis que Normand, la cause n'est pas identifiée. Si c'est le rayonnement du démarreur un peu kilométré qui arrive à perturber le signal CPK, il faut s'interroger en urgence sur :
- la qualité du faisceau et des prises
- la qualité du capteur CPK
- la dégradation électronique du circuit d'entrée de l'ECU
- la dégradation globale de l'ECU -> La perte de codage pourrait s'expliquer par des altérations des cellules mémoires
- la qualité des masses "électroniques"

Je veux bien trouver normal qu'un moteur d'essuie-glace mal antiparasité s'entende dans une CB bas de gamme dont l'antenne capte les champs de très faible puissance mais perturber un calculateur normalement prévu pour fonctionner dans des conditions "extrêmes", ce n'est pas admissible. il y a une faille, faiblesse ailleurs qu'il faudrait identifier pour rouler sereinement dans les contrées lointaines.
La boite à outils c'est aussi : LogMyGPS
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colombin
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Re: Lecture balance injecteurs

Message non lu par colombin »

Dans le document dont j’ai parlé et que je ne sais pas retrouver, j’ai lu 2 informations que je ne vous ai pas données ; cette panne affecte les TD5 livrés entre 2000 et 2005 ; Le mien étant de 2006, je l’inclus dans le lot ; 2e info : il est recommandé de ne pas changer le capteur : ceux vendus maintenant sont de mauvaise qualité.
Donc, pour vous, le traitement a réussi malgré une erreur de diagnostic ; mon esprit cartésien a du mal à vous suivre ; Je bataille pendant 30 secondes pour démarrer et amener mon Land devant le garage ; le mécano bataille pendant 30 secondes pour le démarrer et le monter sur le pont. Il change le démarreur et constate, à l’inspection et à la palpation, que le faisceau n’est pas abîmé. Il démarre sans coup férir ; je fais de même pour ramener le Land à la maison. Et, depuis, pour le plaisir, je vais, tous les jours, confirmer la réussite.
Toutes choses étant égales par ailleurs, seul le démarreur a été changé ; alors j’assume avoir " un comportement de pauvre mortel dans l’adversité" :D en concluant que seul le démarreur était en cause.
À mon niveau on parle d'un démarreur comme d'un tout et non pas de ce qu'il contient.
Peut-être y a-t-il un moyen de prouver qu’il est au moins impliqué : Normand, si tu es d’accord, ne pouvant t’envoyer mon Land, je t’envoie le démarreur ; cadeau bien entendu, et tu le passes à la question.
Maintenant, en vrac, car vous soulevez beaucoup de questions ; Le démarreur que je viens d'enlever a bien 150 000 km. Et celui que j'ai remis était le démarreur d'origine que j'avais changé à titre systématique, à 200 000.
Le faisceau est-il blindé ? Je n'en sais rien, il est d'origine, donc comme tous les faisceaux de TD5 de cette époque.
Bisnouk, Ce que tu proposes de faire en urgence, tester
- la qualité du faisceau et des prises
- la qualité du capteur CPK
- la dégradation électronique du circuit d'entrée de l'ECU
- la dégradation globale de l'ECU -> La perte de codage pourrait s'expliquer par des altérations des cellules mémoires
- la qualité des masses "électroniques"
est, sans doute et dans l'absolu , ce qu'il conviendrait de faire, mais, dans la vraie vie, à qui veux-tu que je demande ça ?
Normand, je vais poser au garage la question des fichiers utilisés par le calculateur ;
J'espère ne pas vous avoir trop déçus, j'en serais vraiment désolé.
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africastef
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Re: Lecture balance injecteurs

Message non lu par africastef »

Salut,

Je serai curieux d'avoir les sources pour ce probleme de démarreur sur les TD5, le miens étant a priori concerné et les capteur CKP de mauvaises qualité.
Pour les capteurs CKP, y'a plusieurs gamme qui vont du Britpart à 30 euros jusqu'au LR à 450 euros en passant par le Lucas à 190
On peut s'attendre a une différence de contrôle qualité selon la marque.
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Normand 1400
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Re: Lecture balance injecteurs

Message non lu par Normand 1400 »

Colombin, quelques points :
colombin a écrit : 11/02/2026 17:50 cette panne affecte les TD5 livrés entre 2000 et 2005 ; Le mien étant de 2006, je l’inclus dans le lot ; 2e info : il est recommandé de ne pas changer le capteur : ceux vendus maintenant sont de mauvaise qualité.
Ce qui pourrait confirmer l'hypothèse d'une relative fragilité dans la conception du système.
colombin a écrit : 11/02/2026 17:50 le traitement a réussi malgré une erreur de diagnostic ; mon esprit cartésien a du mal à vous suivre
Erreur de diagnostic, le terme est sans doute un peu fort et avait plutôt une portée rédactionnelle que technique ; comme dit Bisnouk, cela relève plutôt d'un ensemble de symptômes conduisant à un risque élevé de confondre causes et effets.
colombin a écrit : 11/02/2026 17:50alors j’assume avoir " un comportement de pauvre mortel dans l’adversité" :D en concluant que seul le démarreur était en cause.
À mon niveau on parle d'un démarreur comme d'un tout et non pas de ce qu'il contient.
Peut-être y a-t-il un moyen de prouver qu’il est au moins impliqué : Normand, si tu es d’accord, ne pouvant t’envoyer mon Land, je t’envoie le démarreur ; cadeau bien entendu, et tu le passes à la question.
C'est inutile, de mon point de vue... :wink:

On est face à un système, ce qui implique de l'analyser dans sa dynamique, autrement dit, tout en place sur le moteur. En d'autres termes, il faudrait déterminer à partir de quel niveau de perturbation le dit système commence à décrocher. Car si j'ai bien compris ta description, le dysfonctionnement s'est produit de manière assez progressive (plusieurs mois). Le problème est que, si on reprend les hypothèses jetées sur la table, le démarreur ne va pas doubler le niveau de parasites qu'il balance dans la nature en six mois, pas plus que les condos de filtrage ne vont se mettre à couler en quinze jours, ni que le blindage du calculateur va fondre comme neige au soleil en trois mois. Par contre, le démarreur a pu se desserrer relativement vite, faisant apparaître une nouvelle source de perturbations qui, s'ajoutant aux autres (sans parler du nez de capteur qui peut être recouvert d'une fine couche de limaille ainsi que je l'évoquais l'autre jour) va parvenir à faire merdouiller toute la chaîne.

Ce qui n'est pas simple dans ta configuration, c'est que tu n'interviens pas directement sur le 4x4. En d'autres termes, tu es confronté au système économique actuel, ce qui est un handicap très lourd, car la logique générale subordonne toute activité au temps de travail humain qu'elle consomme. Et pour trouver ce que l'on cherche, il faut surtout du temps, beaucoup de temps. Ainsi, pour naviguer dans cet univers afin d'en contourner les limites, tu dois faire 800 bornes pour te rendre à l'un des derniers garages connaissant ces véhicules et solliciter un garage local pour les manips plus simples. C'est compliqué, coûteux, pas très souple et sans doute pas très agréable à vivre sachant qu'en plus, tu alimentes le Forum.

Tu as donc ma réponse à ta question :
colombin a écrit : 11/02/2026 17:50J'espère ne pas vous avoir trop déçus, j'en serais vraiment désolé.
Au contraire, je trouve que tu as un sacré mérite.

Ainsi, si tu avais mécaniqué toi-même, je t'aurais suggéré, après avoir soigneusement toilé et décapé les surfaces du démarreur et du bloc en contact et nettoyé aux petits oignons le nez du capteur, son corps et sa fixation sur le moteur, de tout remonter et de refaire un essai.

On aurait peut-être été surpris du résultat...
colombin a écrit : 11/02/2026 17:50 je vais poser au garage la question des fichiers utilisés par le calculateur
Oui, ça nous permettrait déjà de voir si, comme je le crois, la gestion du démarrage fait appel à une configuration logicielle particulière sachant que si tel devait être le cas, cela en rajouterait aussi une petite couche au reste, je pense notamment aux codes injecteurs.

J'imagine qu'un certain nombre de notions ne parlent pas trop à ceux qui nous lisent, ce qui ne facilite pas l'émergence d'idées ; je vais donc finaliser ce que j'avais en tête sur ce capteur, cela permettra sans doute de mieux visualiser certaines choses et à ceux qui connaissent bien ce moteur de mieux s'y retrouver dans le merdier de son contrôle commande électronique... :wink:
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colombin
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Re: Lecture balance injecteurs

Message non lu par colombin »

Africastef ; ceci n'est pas très différent de ce que j'avais trouvé mais, grosso modo, c'est la même chose :
Démarreur TD5 et champ magnétique affectant le capteur de vilebrequin (CPK)

Le démarreur TD5 est connu pour générer un champ magnétique fort lors de son activation, qui peut interférer avec le capteur de vilebrequin (CPK), surtout s’il est mal positionné ou si ses câbles sont mal isolés. Ce phénomène est une cause fréquente d’impossibilité de démarrage sur les Defender TD5, même si le moteur tourne.

Le champ magnétique produit par le solénoïde du démarreur peut perturber le signal du CPK, entraînant une interdiction de démarrage par l’ECU.
Cette perturbation est particulièrement fréquente avec les démarreurs usés ou mal entretenus, où l’usure du contact intérieur (rondelle cuivre) peut accentuer les perturbations électromagnétiques.
Solution recommandée :
Ne pas remplacer le CPK par un neuf, car les modèles neufs sont souvent défectueux.
Conserver l’ancien CPK (s’il fonctionne encore) et remplacer uniquement le démarreur par un neuf d’origine Land Rover ou Denso.
Vérifier l’isolation des câbles du démarreur et du CPK, et éventuellement les repositionner pour éviter le couplage magnétique.
✅ Vérifiez aussi les fusibles, relais (notamment C0151), et la masse du démarreur. Un mauvais contact ou une masse défectueuse peut exacerber le problème.
✅ Une purge d’air dans le circuit de carburant peut être nécessaire si le démarrage est aléatoire.

Cette erreur est très courante sur les TD5 1999–2006, et son diagnostic est souvent simplifié par la suppression du démarreur usé.
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Normand 1400
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Re: Lecture balance injecteurs

Message non lu par Normand 1400 »

Je vous propose de découper la suite en deux volets : un premier traitant des capteurs inductifs de vitesse et le second (à venir) consacré aux démarreurs.

Je vais commencer par décrire le fonctionnement d'un capteur de vilebrequin récupéré sur un Kangoo dCi que j’utilise fréquemment pour effectuer des mesures de vitesse diverses et variées ; j’imagine qu’il peut avoir une trombine un peu différente que celui d’un Td5, mais ses fonctionnalités sont, par construction, similaires.

Voici la bête :
523.JPG
On constate que le capteur Renault est encapsulé dans une coque en plastique, signe que son isolement électrique a fait l’objet d’une attention particulière (aucun contact métallique susceptible de conduire le courant entre le capteur et le bloc moteur) qu’une partie du barreau aimanté constituant le cœur magnétique est visible (montage dit « noyé », autrement dit ne réagissant qu’à une masse métallique située dans l’axe du capteur et non sur ses côtés) et qu’il comprend un connecteur à deux fils : le signal et la masse.

J’ignore à quoi ressemble un capteur de Td5, notamment sur un point précis : sa fixation sur le carter d’embrayage. S’il est vissé dedans, la question de son isolement électrique prendra alors une importance particulière : il ne faudrait pas que des retours de masse s’effectuent, même partiellement, via sa liaison au calculateur.

Si quelqu’un dispose d’une photo, je suis preneur !

La poulie dont je voulais déterminer la vitesse de rotation — et qui va servir de support à cette première partie de l’analyse — comprend cinq trous ; la planche suivante fait apparaître, en rouge, la position du capteur et, à droite de l’écran, le signal associé :
524.JPG
Le cercle rouge matérialise la position du capteur projetée sur la poulie — la distance séparant le capteur de la jante de la poulie était de 7 mm environ — les points caractéristiques de l’oscillogramme ayant été reportés sur la jante afin de faciliter la lecture.

Comme indiqué supra, les capteurs inductifs émettent une tension d’autant plus grande que le champ magnétique émis par l’aimant — autour duquel est enroulé une bobine — varie fortement. L’intensité de ce champ est fortement influencée par la présence d’une masse métallique à proximité immédiate.

La poulie tournait en sens inverse d’horloge.

Lorsqu’un trou de la jante est à l’approche, la masse métallique entrant dans le champ magnétique varie, d’une part à cause de la forme du trou et, d’autre part, du fait de la vitesse d’avance du bord de trou par rapport au capteur : la tension varie brusquement. Puis le champ atteint sa variabilité maximale mais qui, pendant un instant, ne varie pas : c’est le point 1.

Ensuite, la masse métallique influençant le champ évolue de moins en moins : la tension délivrée par le capteur diminue d’autant.

Puis la masse métallique circulant sous le capteur ne varie plus du tout pendant un certain temps ; le champ magnétique devenant stationnaire, la tension aux bornes de la bobine devient nulle : c’est le point A.

Enfin, il se passe la même chose qu’en 1, à part que cette fois, la masse métallique s’éloigne : la tension change de sens, c’est le point 2.

Lorsque le nez du capteur se trouve exactement au droit du centre géométrique du perçage de la jante, la tension ne varie plus pendant un instant puis change de signe (à partir de ce point, le bord du trou sera de nouveau en approche) : c’est le point B.

Enfin, on notera que l’oscillogramme illustrant le graphe précédent apparaît parfaitement lisse ; dans la réalité, c’est loin d’être le cas : des phénomènes divers et variés ne vont pas manquer d’en perturber l’apparence.

Voyons maintenant ce qu’il en est pour le capteur du Td5.

Il y a quelques années déjà, nous avions échangé avec Ludo59 à propos de ce même capteur ; voici quelques-uns de ses enregistrements réalisés moteur au ralenti :

525.JPG
Certains auront sans doute remarqué que les courbes sont symétriques par rapport au cas précédent : c’est juste parce que les branchements des deux oscillos ont été inversés, ce qui ne change rien à l’interprétation.

Si l’on reprend la grille d’analyse présentée supra, on en déduit que le palier le plus long (d’une durée de 3 millisecondes environ) correspond à l’entredents (élargi) précédant le repère de point mort haut :

526.JPG
Cette fois, l’oscillogramme révèle la présence de pics de tension. Il montre également que les tensions positive et négative sont légèrement différentes : on atteint 3 V pour les positives et à peine 2,2 V pour les négatives. Les masses métalliques étant les mêmes, cela signifie que le capteur présente un déséquilibre magnétique.

Est-ce lié à l’aimant permanent, à la bobine, à un peu des deux, difficile de conclure ; une chose est sûre, cela constitue un indicateur de la qualité du capteur. Au passage, on constate que les tensions délivrées par le capteur du Kangoo sont nettement plus équilibrées.

Ces pics constituent la signature de parasites généralement dus à des étincelles (moteurs à collecteur, relais) et des masses douteuses : les sources potentielles sont légion.

Compte tenu de l’environnement parasité de la mesure (moteur universel tournant à plus de 10 000 t/mn) on a exactement la même chose sur le capteur de la poulie :

527.jpg
Si on pousse un peu la résolution de l’oscillo, on voit que la perturbation dure environ 50 µs (50 millionièmes de secondes) et représente un pic de tension (mesure dite de crête à crête) avoisinant les deux volts, valeur à comparer avec l’amplitude totale du signal normal, de l’ordre de cinq volts.

528.JPG
En d’autres termes, il s’agit d’un pic d’énergie, fugace mais potentiellement suffisant pour créer un artefact capable de leurrer un système de détection un peu trop sensible ou réactif. En absorbant cette énergie et en la stockant en vue de la restituer progressivement, comme un bassin de rétention lisserait une crue, on peut en réduire les effets : c’est là où le filtrage intervient.

Je reviendrai sur le graphe suivant — issu de mesures d’intensité effectuées sur un démarreur — à l’occasion du topo à venir ; pour l’instant, il s’agit simplement de traduire visuellement ce en quoi consiste un filtrage :

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En rouge, le signal brut et en bleu, le signal filtré. En fonction de l’objectif recherché, on va chercher à effacer les pics d’énergie constituant le bruit, mais pas trop non plus car sinon, on risque de perdre des informations précieuses pour les analyses.

Le cas présenté est le résultat d’un filtrage algorithmique ; on obtient (presque) exactement la même chose avec les composants électroniques (condensateurs et résistances) constituant les filtres traditionnels. Décrire les différents montages n’a guère d’intérêt ici, tout simplement parce qu’on ne pourra sans doute pas analyser les circuits du calculateur : le regretté Volta avait pas mal de biscuits sur les calculateurs du Td5 et nous avons pas mal échangé là-dessus en son temps ; mais même lui n’avait pas les idées totalement claires sur le fonctionnement de détail du bazar, tout simplement parce que, comme c’est de plus en plus souvent le cas, les circuits font appel à des composants dont les références sont, soit non précisées, soit inconnues des bases de données internationales.

Dans le cas qui nous intéresse, l’inconvénient d’un filtre classique est qu’il déphase toujours plus ou moins le signal ; si ce n’est pas gênant pour un ampli destiné à amplifier un son, ça le devient sur un montage censé gérer des actuateurs (les injecteurs en l’occurrence) selon un chronogramme très précis. Sauf à contourner la difficulté en déphasant d’une valeur opposée le positionnement de la pièce mécanique à l’origine du « top signal » : en d’autres termes, il se pourrait que le repère (dent ou trou) du volant ne corresponde pas exactement au PMH du piston tel qu’on peut le relever au comparateur sur un moteur en cours de révision, mais en soit décalé d’une certaine valeur.

D’où une question aux habitués de ce moteur : s’il y a eu une évolution du calculateur pour les Td5 à partir de 2006, les références des volants moteur ont-elles changé à cette occasion ?

Il ne s’agit pour l’instant que d’une hypothèse : dans l’infinie diversité des circuits intégrés, on trouve en effet nombre de puces assurant un filtrage de signaux divers et variés. On pourrait même imaginer que cette puce contienne un amplificateur dont le gain soit asservi au régime moteur, ce qui permettrait de s’affranchir de la variabilité de la tension en fonction du régime moteur.

On en revient toujours au même problème : seule n’analyse des composants des calculateurs permettrait de conclure formellement…

Si on revient aux effets du filtrage, voici comment évolue le signal de notre poulie filtré en passe-bas à 1 000 Herz ; en langage courant, cela signifie qu’on a éliminé tous les signaux sinusoïdaux dont la période est supérieure à 1 000 cycles par seconde :

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Vu la pente du signal au point recherché, on peut en conclure qu’identifier le point mort haut avec un tel signal ne posera plus aucun problème, moyennant un filtrage léger.

C’est sans compter sur une seconde série de perturbations, dues à un rayonnement magnétique cette fois.

Ça tombe bien, c’est justement la question qui nous préoccupe.

La planche suivante, toujours issue du capteur du Td5, mérite qu’on s’y arrête :

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Sur le plateau précédant le top point mort haut on voit, comme précédemment, que le signal est bruité. Mais on note aussi qu’il est déformé : il redevient positif pendant un certain temps.

L’analyse du fonctionnement du capteur a montré que la tension est le strict reflet de la variation du champ magnétique auquel sa bobine est soumise. En d’autres termes, la déformation du signal révèle la présence d’un champ magnétique provenant d’une autre source que la masse métallique du volant défilant sous le capteur.

Un filtrage léger rend cette déformation plus visible ce qui, dans le cas d’un seuil de déclenchement fixé pile poil sur l’inversion de tension, va créer un nouvel artefact, le risque d’erreur d’interprétation par le calculateur étant d’autant plus élevé que la perturbation est marquée en tension et prolongée en temps (ici, elle dure déjà plus d’une demie milliseconde) :

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Faire disparaître entièrement cette perturbation nécessiterait d’avoir la main très lourde sur le filtrage, autrement dit de raboter très fortement le signal d’origine. Avec le risque de l’écraser complètement en phase de démarrage, lorsque le moteur tourne à moins de 500 t/mn, ce qui pourrait compliquer le démarrage.

Il faut donc trouver un compromis.

Vous l’aurez compris, la définition de ce compromis est délicate : si on met la barre trop bas, on risque de faire foirer le système dès que le niveau des perturbations commencera à dériver. Quand, pourquoi et comment ça va se produire, difficile à dire. Mais si on met la barre trop haut, le système risque de merdouiller sans arrêt.

Par ailleurs, il faut se rappeler le contexte : on était au tout début de la généralisation des calculateurs sur les Diesel, ce qui veut dire expérience et recul limités.

Bien évidemment, les enjeux économiques n’étaient pas neutres non plus : si le bazar merdouillait des années plus tard, ce n’était pas nécessairement bien gênant, on pouvait mettre ça sur le compte du vieillissement. Dans le cas contraire, on aurait pu aller vers des rappels ou des recours en garantie très rapidement, ce qui aurait été nettement plus compliqué à gérer.

Les développements de ce sujet montrent assez clairement que l’analyse de détail d’un défaut de ce type n’est pas des plus simples ni des plus rapides ; dans ce monde où les voitures Kleenex constituent toujours le concept de base — et ça ne va pas s’arranger avec le niveau de complexité délirant vers lequel on file joyeusement, y compris avec l’électrique — la volonté de réparer pour faire durer restera donc — et pour un bon bout de temps, je le crains — l’exception.

Aux Bobos écolos qui croient dur comme fer au joli conte de fées d’une réparation au service d’une économie circulaire profitable à tous j’aurais bien envie de répondre : allez les gens, montrez-moi comment on répare — sans tout changer, évidemment — votre vélo électrique dont le capteur de couple au pédalier (pas des moins coûteux, en prime) vient de lâcher.

La vraie vie, comme tu dis, Colombin.

Pour en revenir à notre sujet, la solution généralement adoptée pour limiter les risques de dysfonctionnement à cause des distorsions de signal est généralement la suivante : relever le seuil de détection.

Cette solution, très connue en automatisme industriel, a été par exemple utilisée pour la gestion du point d’avance sur les premières pompes d’injection mécaniques passées sous contrôle commande électronique : la boucle de rétroaction de l’avance (processus permettant de vérifier que l’avance à l’injection obtenue était bien celle souhaitée) faisait appel à un capteur de levée d’aiguille, généralement implanté sur l’injecteur n°1.

Ceux qui ont mis les pattes dedans savent qu’en moyenne, une levée d’aiguille d’injecteur classique tourne aux alentours de 6 dixièmes de millimètres. Autant dire que le capteur capable de mesurer une telle cote en un temps n’excédant pas quelques µ secondes ne relève pas de la grosse mécanique. Sachant qu’on retrouve bien évidemment, vu l’environnement, le cirque parasites, rayonnements électromagnétiques, etc.

En décalant le seuil de détection on parvient généralement à se sortir à moindres frais de la zone de turbulences qui nous ennuie. Par contre, pour expliquer comment les choses se passent, il va falloir entrer un peu plus dans le détail.

Petite précision : recourir ou non à un décalage du seuil de détection, en définir les différents seuils, choisir des algorithmes plus ou moins alambiqués et, partant, plus ou moins gourmands en puissance de calcul est un exercice de compromis et d’optimisation assez complexe. Même si les essais de labo et les modélisations théoriques permettent souvent de bien dégrossir les contours de l’exercice, l’expérience en temps long et le recul qu’elle apporte, conduit parfois à rebattre les cartes.

C’est également la raison pour laquelle les dysfonctionnements ou pannes comme celles à l’origine de ce sujet présentent de mon point de vue un réel intérêt.

Le graphe suivant montre ce qui se passe si, par exemple, on cale le seuil de détection à 1 Volt :

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Là, il s’agit toujours s’agit du signal brut : on voit déjà que, dans sa portion cerclée en rouge, la courbe est plutôt « propre ». A l’œil, elle semble même assimilable à une droite.

Regardons d’un peu plus près ce que nous raconte l’oscilloscope sur la zone en question :

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Les règles horizontales matérialisent les deux niveaux de tension choisis (0 et 1 V) et les verticales, les temps : on observe que la tension passe de 1 à 0 V en 75 µ secondes environ. Ce que l’on appelle généralement l’angle de descente ou de montée du front pique un peu, comme on dit : ainsi, si on extrapolait la chute de tension sur une durée d’une seconde comme c’est généralement l’usage, on obtiendrait un régime de descente de 13 400 V/s.

Plus le régime moteur va augmenter et plus l’angle de descente sera méchant ; en d’autres termes, contrairement à la mécanique, l’électronique ne décrochera pas si on force la cadence.

Comme on l’a vu, la pente de la courbe semble assez régulière : pour autant, on va devoir utiliser le calcul pour objectiver cette impression. Pour ce faire, plusieurs choix techniques sont possibles : ils vont de l’analyse de la fonction dérivée à l’étude des pertes de linéarité, le principal avantage de cette dernière méthode étant de donner des ordres de grandeurs assez réalistes des diverses approximations générées par la simplification des algorithmes.

C’est donc sur la linéarité qu’on va s’arrêter un instant.

Le principe du calcul est simple : on regarde si la courbe réelle peut valablement être assimilée à une droite, autrement dit quelle erreur on va commettre si, au lieu d’utiliser une modélisation mathématique alambiquée destinée à modéliser très finement le phénomène étudié, on peut se contenter d’une simple droite.

On utilise cette cuisine pour, par exemple, déterminer quels injecteurs utiliser dans le cadre d’une application spécifique. Le but de la manip est notamment de commander des injecteurs uniquement par leur temps d’ouverture, que l’on va alors choisir d’assimiler à une fonction linéaire « basique » du temps. Sur le Td5, vu que la pression interne des injecteurs est constante (environ 2 000 bars) il est probable que ce soit cette stratégie qui ait été retenue.

Par contre, pour les injections par rampe commune, dont la pression est continuellement variable, on imagine bien que les fonctions décrivant la loi d’injection seront considérablement éloignées d’une simple fonction linéaire du temps. Et à partir du moment où les injecteurs sont devenus suffisamment réactifs (injecteurs piézoélectriques) il est même devenu possible d’ouvrir et de fermer plusieurs fois un injecteur au cours d’une même séquence d’injection.

Voici à quoi ressemble l’étude de ce qui s’appelle la perte de linéarité dans le cas qui nous intéresse :

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les petits cercles sont les tensions numérisées par l’oscilloscope, la droite bleue étant la régression linéaire qui passe le mieux dans ce nuage de points, la courbe rouge représentant la perte de linéarité.

Entre 1 et 0 V, on voit que la perte de linéarité reste inférieure à 5 %, seuil assez fréquemment adopté parce que traduisant une erreur acceptable pour de nombreuses applications. Conclusion, c’est bon, on pourra utiliser une simple droite pour déterminer à quel instant précis la tension va s’annuler, ce qui va alléger les calculs et, conséquemment, réduire la charge du µ-processeur.

Cette bonne vieille ficelle permet donc au calculateur, à partir d’une zone de signal propre, de déterminer précisément quand la mire de point mort haut du volant va passer sous le capteur.

Il va donc pouvoir assez facilement calculer le régime moteur, le point d’injection et autres broutilles.

Noter que le seuil de 1 V choisi ici est totalement pifo : on aurait pu le relever davantage, ou au contraire le baisser. Le choix du seuil optimum dépend d’un tas de paramètres comme la réponse du capteur, les conditions limites de fonctionnement (200 t/mn au ralenti, 5 000 t/mn en régime max), les capacités du calculateur, ce qu’on imagine des perturbations électromagnétiques, etc., etc.

Pour situer les idées, 75 µs représentent, au ralenti, un angle au volant d’environ 3,5 dixièmes de degré (en décimal). L’erreur de non linéarité étant inférieure ou égale à 5 %, cela signifie que le calculateur connaîtra la position du PMH à moins de deux millièmes de degré au volant près.

Si l’on convertit cet angle en position linéaire du piston, on peut en conclure que c’est plutôt pas mal, comme précision.

En d’autres termes, même si le rayonnement électromagnétique est costaud, il peut n’avoir aucun impact sur la vision qu’a le calculateur de la position réelle du volant. Quant aux parasites radioélectriques, un filtrage léger suffit à les éliminer.

En résumé, si le système a été bien conçu, il fera face à toutes les vicissitudes.

Certes, avec ce type de capteur, l’angle de pente du signal sera aussi une fonction du régime moteur ; une mesure de la réponse capteur à 200 t/mn moteur puis à 3 500 t/mn permettrait de se faire une idée précise de la fonction recherchée, mais je n’imagine aucune difficulté particulière sur sa prise en compte correcte.

Pour en revenir au sujet, on en déduit qu’un diagnostic digne de ce nom devrait comporter :
  • 1°) une vérification de l’étanchéité du circuit GO basse pression ;
  • 2°) une vérification de la pression GO culasse, éventuellement du débit de la pompe ;
  • 3°) une vérification du bon réglage des poussoirs d’injecteurs ;
  • 4°) une vérification de la réponse du capteur (à ses bornes) à différents régimes moteur, y compris lors du lancement au démarreur (niveaux et équilibre des tensions, allure de la courbe, linéarité à proximité du top PMH) ce qui nécessite évidemment de disposer de références statistiques correctes ;
  • 5°) si le démarrage merdoie, même manip, mais aux bornes du calculateur cette fois, histoire d’apprécier la sensibilité de la ligne ;
  • 6°) et, toujours dans le cas d’un démarrage compliqué, mesure des courant et tension du circuit démarreur aux fins d’analyse et de comparaison avec un démarreur « de référence », ce qui fera l’objet de l’article à venir.
Sur ces six points, il en manquait cinq.

Encore une chose, pour achever cette première partie : sur un quatre cylindres, le repère PMH au volant indique que deux des quatre pistons sont effectivement au PMH, chacun d’eux pouvant être en fin de compression ou en fin d’échappement.

En résumé, il existe quatre possibilités ; pour savoir quel cylindre allumer/injecter, le calculateur devra donc nécessairement disposer d’une autre information : la position de l’arbre à cames.

Cette info ne servira qu’au démarrage ; en d’autres termes, une coupure du capteur d’arbre à cames après la phase de démarrage n’empêchera pas le moteur de fonctionner. Par contre, il ne pourra jamais redémarrer. C’est notamment ce qui explique pourquoi la fonction Stop & Start permet un redémarrage plus rapide du moteur : le calculateur ayant déjà verrouillé la syncro entre les deux arbres, il allumera/injectera directement le bon cylindre.

Et aussi qu’un Diesel à injection mécanique démarrera toujours plus rapidement que les moteurs actuels : le premier cylindre accrochant une compression sera injecté d’emblée, amorçant immédiatement le démarrage.

Sur un 5 cylindres, un seul piston peut se trouver au PMH indiqué sur le volant. Il n’y a donc plus que deux possibilités : soit le calculateur injecte le bon cylindre, celui en fin de compression, soit le mauvais, celui en fin d’échappement. Avec des injecteurs pompe, dont l’élévation de pression est commandée directement par l’arbre à cames, ouvrir un injecteur non monté en pression n’aura aucun effet dommageable sur la mécanique et, bien sûr, il ne se passera rien au terme de ce premier essai : l’ECU va donc rectifier le tir en prenant en compte la deuxième possibilité, ce qui va allonger imperceptiblement le délai de démarrage, le temps que les planètes s’alignent correctement.

Comment l’ECU va-t-il pouvoir déterminer si le moteur a démarré ? Via une augmentation du régime moteur. Et il obtiendra cette information à partir du signal émis par le capteur de vilebrequin qui, comme on l’a vu, est une fonction de la fréquence de passage des autres plots/mires/cibles du volant.

En deux mots, dès que le moteur commence à démarrer, la fréquence du signal capteur va augmenter.

Par ailleurs, je subodore que c’est grâce au défilé de toutes les cibles — et des subtiles variations de fréquence pouvant en résulter à l’issue de chaque combustion — que l’ECU parvient à gérer très finement le ralenti (régulation restituée via la fonction Idle Speed Error et dérivées).

Il résulte de ce qui précède que s’il y a un problème de signal capteur, le calculateur ne parviendra pas à déterminer s’il a injecté le bon cylindre, donc si le moteur a effectivement commencé à démarrer et, surtout, quel régime il a atteint. Le risque de gaver les cylindres de gas oil et de faire cogner le moteur (en phase de démarrage, les débits injectés sont très élevés) devient alors bien réel : de là à imaginer qu’une sécurité s’enclenche sous forme d’une coupure totale de l’injection pendant plusieurs secondes, il n’y a qu’un pas que je franchis bien volontiers.

Prolonger l’action du démarreur pendant plusieurs dizaines de secondes ne sert probablement à rien sitôt cette coupure enclenchée. Néanmoins, le fait que le moteur parvienne quand même démarrer quand on insiste laisse supposer qu’une fois le temps de coupure écoulé — ce qui peut prendre plusieurs secondes — le calculateur soit de nouveau capable d’identifier correctement le PMH puis l’élévation du régime, ce qui sous-entendrait un presque retour à la normale du fonctionnement de la détection : comme on le verra dans le propos à venir, l’appel de courant d’un démarreur déjà lancé est deux, voire trois fois plus faible qu’en régime dit « de couple bloqué » d’où une moindre intensité des perturbations.

Une histoire de force contre-électromotrice comme disent les électromécaniciens, mais qui se traduit par une certaine diminution du niveau de perturbation du compartiment moteur.

On pourrait donc en déduire que l’affaire se joue en réalité à pas grand-chose, d’où l’importance de la métrologie afin de cerner l’évolution des ordres de grandeur et identifier les effets de seuil qui, très souvent, les accompagnent.

Voili, voilu.
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