Siorb,
dans son article sur les huiles publié sur le présent Forum, le Pater avait — entre autres — donné les références des essais permettant de comparer les performances de différents lubrifiants utilisés dans l'industrie.
En d'autres termes, son approche du sujet rappelait que, quel que soit le domaine, il est nécessaire d'élaborer des essais décrivant précisément les performances/fonctionnalités offertes par tout produit ou service.
Dans un deuxième temps, il devient alors possible de comparer le rapport qualité prix de chaque produit/service afin d'investir en toute connaissance de cause selon le besoin.
Et dans un troisième, on peut, toujours à partir des performances objectives, réguler les différents marchés proposant ces produits/services afin d'éviter une forme de bordel technico-économique généralisé générateur de gaspillages et d'incidents plus ou moins préoccupants.
La page dont tu as mis le lien ne permet aucune comparaison sérieuse avec d'autres lubrifiants, aucun résultat d'essai normalisé n'étant produit à l'appui du discours. Discours très racoleur au demeurant auréolé, comme bien souvent, de mystère et de maîtrise technique.
Pour faire court, il s'agit d'un exercice de rhétorique.
Le capitalisme moderne a placé les marques au centre du discours : la plupart des gens étant incapables de rentrer dans les arcanes techniques d'un produit, on a substitué à une démarche d'achat qui se devrait, par définition, d'être parfaitement rationnelle, tout un discours fondé sur un sentiment de confiance, d'image positive, en résumé, sur du vent.
La publicité a réduit à néant ou presque l'approche rationnelle devant, à mon sens, précéder tout achat.
La date de ce basculement a été documentée grâce aux travaux de plusieurs chercheurs : elle coïncide avec la naissance de la grande industrie et le secret de ses usines, autrement dit, il date de la révolution industrielle. Le phénomène s'est ensuite amplifié avec le développement de la communication de masse à partir des années 50 pour entrer, depuis 2010, dans une nouvelle ère grâce au recours massif aux algorithmes.
Si tu prends l'exemple tout simple des filtres à air, il est possible de les qualifier par leur résistance au passage de l'air (leur perte de charge), leur capacité à arrêter des particules d'une taille donnée et l'évolution de la perte de charge au fur et à mesure du colmatage du filtre.
Il existe d'ailleurs un essai normalisé parfaitement adapté au problème posé.
En bien aujourd'hui, il est quasiment impossible de trouver des données précises sur ces produits, ce qui fait qu'on est obligé d'acheter au pif, ce qui ouvre un boulevard aux revendeurs de tout poil et aux contrefaçons les plus dangereuses. Internet qui, au départ, permettait pourtant d'accéder à ce type d'infos, s'est transformé très rapidement sous l'influence du « marché » pour brouiller encore plus les pistes en faisant miroiter la bonne affaire tout en passant soigneusement sous silence la réalité technique et économique de la production.
L'idée n'est pas de transformer le propos une leçon de morale : c'est plutôt une invitation à la prudence...
